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Comment calculer le taux de rotation du personnel et quel chiffre est bon ?

Le taux de rotation est le nombre de départs divisé par l'effectif moyen. Formule, départs volontaires ou non, mensuel ou annuel, et ce qu'est un bon chiffre.

· 6 min de lecture

Presque tous les rapports RH contiennent un chiffre de rotation du personnel, et presque toutes les réunions de direction voient quelqu'un demander s'il est bon ou mauvais. La réponse honnête est que ce chiffre ne veut pas dire grand-chose tant qu'on ne sait pas comment il a été calculé ni à quoi on le compare. Ce guide présente la formule, les variantes utiles à suivre et ce qu'il faut faire une fois le chiffre en main.

Qu'est-ce que le taux de rotation du personnel ?

Le taux de rotation du personnel (ou turnover) est le pourcentage de l'effectif qui quitte l'entreprise sur une période, le plus souvent une année. Il compte les démissions, les licenciements, les départs en retraite et toute autre fin de contrat, et se mesure par rapport à la taille moyenne de l'équipe sur la même période.

La formule de base

Le calcul standard est le suivant :

Taux de rotation = (nombre de départs ÷ effectif moyen) × 100

L'effectif moyen est l'effectif de début de période plus l'effectif de fin de période, divisé par deux. Un exemple :

  • Effectif au 1er janvier : 120.
  • Effectif au 31 décembre : 130, soit une moyenne de 125.
  • Salariés partis dans l'année : 20.
  • Taux de rotation : 20 ÷ 125 × 100 = 16 %.

Utilisez toujours la même définition. Si un rapport compte les stagiaires et un autre non, la tendance vous induira en erreur.

Départs volontaires et involontaires

Un total unique masque l'information la plus utile : pourquoi les gens sont partis.

  • La rotation volontaire regroupe les démissions et les départs en retraite, quand le salarié a choisi de partir.
  • La rotation involontaire regroupe les licenciements, les suppressions de poste et les fins de contrat décidées par l'employeur.

Dans l'exemple ci-dessus, supposons que 14 des 20 partants aient démissionné et que 6 aient été licenciés. La rotation volontaire est de 14 ÷ 125 = 11,2 % et la rotation involontaire de 6 ÷ 125 = 4,8 %. Elles révèlent des problèmes différents. Une rotation volontaire élevée évoque des soucis de rémunération, de management, de charge de travail ou d'évolution. Une rotation involontaire élevée évoque des soucis de recrutement ou d'intégration. Beaucoup d'équipes isolent aussi les départs regrettés, c'est-à-dire les personnes que vous auriez voulu garder, car perdre un collaborateur performant n'a rien à voir avec perdre quelqu'un dont vous alliez réorganiser le poste.

Taux annuel ou mensuel

Vous pouvez calculer la rotation sur n'importe quelle période. La formule reste la même, seule la fenêtre change.

  • Annuel est le plus courant et le plus simple à comparer avec d'autres entreprises.
  • Mensuel ou trimestriel aide à repérer un problème tôt, mais un mois isolé est très variable, surtout dans une petite équipe.

Si trois personnes partent en un mois et que votre effectif moyen est de 125, la rotation mensuelle est de 2,4 %. En multipliant par douze, on obtient environ 29 % en rythme annuel, mais c'est exagéré si le mois était atypique. Pour une vue plus stable, utilisez un chiffre glissant sur douze mois, recalculé chaque mois.

La rotation des nouvelles recrues

La rotation des nouvelles recrues, parfois appelée départs précoces, suit les personnes qui partent peu après leur arrivée. Une version courante : le nombre de recrues parties dans les 90 jours, divisé par le nombre de recrues de ce groupe.

Si vous avez embauché 30 personnes dans l'année et que 6 sont parties dans leurs 90 premiers jours, la rotation des nouvelles recrues est de 20 %. Ce chiffre mérite d'être suivi à part, car il renvoie au recrutement et à l'intégration plutôt qu'à la culture d'ensemble. Quand les gens partent vite, la cause est souvent un décalage entre le poste annoncé et le poste vécu, ou des premières semaines mal préparées.

Alors, quel taux est bon ?

Il n'existe pas de bon chiffre universel, et quiconque en cite un sans contexte doit être pris avec prudence. Quelques précautions avant de lire des repères :

  • Le secteur compte énormément. L'hôtellerie-restauration, le commerce de détail et les centres d'appels connaissent en général une rotation bien plus forte que l'administration, l'enseignement ou les services publics.
  • Le type de poste compte. Les postes d'entrée et saisonniers tournent plus vite que les postes seniors ou spécialisés.
  • La taille compte. Dans une équipe de dix personnes, un départ représente 10 %.
  • Les définitions varient. Certains chiffres publiés n'incluent que les départs volontaires, d'autres les retraites, d'autres excluent les intérimaires.
  • Une part de rotation est saine. Un taux nul peut signifier que les gens restent faute d'alternative, et que les idées neuves arrivent rarement.

Le meilleur repère reste votre propre historique. Comparez cette année aux trois précédentes, comparez les services entre eux, et comparez-vous à un groupe de pairs de votre secteur et de votre région selon la même définition. Une hausse compte davantage que le niveau absolu.

Que faire de ce chiffre ?

  1. Ventilez-le par service, manager, tranche d'ancienneté et type de poste. Un taux global de 16 % peut cacher une équipe à 40 %.
  2. Distinguez volontaire et involontaire, départs regrettés et non regrettés.
  3. Lisez les entretiens de départ et les entretiens de fidélisation pour y repérer des tendances, pas des plaintes isolées.
  4. Chiffrez grossièrement le coût. Remplacer quelqu'un représente souvent une part notable de son salaire annuel une fois comptés recrutement, formation et perte de productivité.
  5. Choisissez une ou deux actions, comme améliorer l'intégration ou former les managers, puis vérifiez si le taux bouge sur les deux trimestres suivants.

Si vous construisez aujourd'hui ce rapport à la main à partir de tableurs, FulcrumGrid HR Suite réunit dossiers des salariés, dates d'entrée et de sortie et motifs de départ au même endroit, ce qui facilite l'extraction cohérente des effectifs et des départs. Un tableur bien tenu fait aussi l'affaire, tant que les définitions restent fixes.

Calculez-le toujours de la même façon, ventilez-le, et servez-vous-en pour poser de meilleures questions plutôt que pour juger.

Questions fréquentes

Comment calcule-t-on le taux de rotation du personnel ?

Divisez le nombre de salariés partis pendant la période par l'effectif moyen de cette période, puis multipliez par 100. L'effectif moyen est l'effectif de début plus celui de fin, divisé par deux.

Quel est un bon taux de rotation du personnel ?

Cela dépend de votre secteur, de vos métiers et de votre taille. Comparez-vous à votre historique et à des pairs selon la même définition, et suivez la tendance et les motifs plutôt qu'un objectif universel.

Une forte rotation est-elle toujours mauvaise ?

Non. Perdre des collaborateurs peu performants ou des postes en cours de réorganisation peut être sain. Ce qui inquiète, c'est une forte rotation volontaire chez des personnes que vous vouliez garder.

Quelle différence entre rotation et attrition ?

Les deux termes sont souvent employés l'un pour l'autre. L'attrition désigne parfois les départs non remplacés, alors que la rotation compte chaque départ, que le poste soit repourvu ou non.

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